Le bêtisier des langues
Louis Mélennec consacre ce premier entretien aux paralogismes de certains propagandistes de l’« universalité de langue française » et au ridicule de tous les ethnocentrismes. Une émission plaisante qui force le fou-rire à plusieurs occasions.
→ Discours sur l’universalité de la langue française par Rivarol (1783)
→ Autres références bibliographiques
Jeudi 13 septembre 2007 • classé dans Mélennec, Louis, Louis Mélennec •



















Ah, nous avons vraiment besoin de saper le français en France !
On sait bien que le français n’est pas universel (ni même par sa nature, disons), ce n’est pas une raison pour taper sur notre pauvre langue.
Pas envie d’écouter.
Et ça se prétend “Fidèles à l’esprit de Jean Ferré”…
Intéressant ce commentaire de qqn qui n’a pas écouté l’enregistrement…
Tout est dit.
Les commentaires sont réservés aux émissions. Pour vous épancher sur L101, vous avez le Forum Libéré à votre disposition. Je suis sûr qu’avec une telle ouverture d’esprit ce sera passionnant de discuter avec vous.
Effectivement Victor tout est dit.
Jean Ferré disait des sottises à propos des langues dites régionales.
Pour ma part je suis profondément attaché à la langue française. Les parlers régionaux l’enrichissent et c’est le parisianisme qui l’appauvrit. Même le mot “plouc” lui vient du breton.
Si ce Monsieur avait écouté l’entretien de Louis Melennec il n’écrirait pas ce qu’il poste : il n’a pas “envie d’écouter”. Parfait : il appartient au public auquel je n’ai pas envie de m’adresser.
“Universalité” : a-t-on lu le “Discours” de Rivarol avant de s’en gargariser ?
“Notre pauvre langue” enfin : quel pauvre homme, effectivement incapable de la défendre autrement que par des interdictions qui ne fonctionneront jamais.
Un auditeur ronchon qui a gardé les pires défauts de R(ex)C.
Laissons ce triste esprit jacobin !
Louis Mélennec nous prie d’ajouter ces références aux ouvrages cités au cours de l’émission :
BOUCHARD Alain, Les Grandes Chroniques de Bretagne, Nantes, 1886
(réédition, texte rédigé au 14 ème siècle).
Cassard J.C. Les Bretons de Nominoé, Brasparts 1990.
GEOFFROY de MONMOUTH, Histoire des Rois de Bretagne, Paris, 1993
(réédition) (texte rédigé au 12 ème siècle).
Chronique de Saint Brieuc, (Chronicon Briocense, Paris 1972)
(réédition, texte rédigé au 14 ème siècle).
Nennius, Histoire des Bretons, Sautron, 1999 (texte rédigé au 9ème
siècle).
RIO Joseph, Les Mythes fondateurs de la Bretagne, Rennes, 2000
(Ouvrage capital).
SUR LES LANGUES EN GENERAL:
LANGUES: Une guerre à mort, Panoramiques, Corlet, 2000.
Pour les anglicistes (désolé…) on trouve sur Wikisource l’History of the Kings of Britain.
Les jacobins, qui pleurnichent aujourd’hui sur la “fracture sociale” ou la “fracture numérique”, ont-ils seulement conscience de la souffrance que leurs ancêtres ont occasionnée à nos provinces en leur ayant infligé la “fracture linguistique” ?
Merci à Louis Mélennec pour avoir témoigné de sa part de souffrance avec tant de mesure et de délicatesse.
Avait-t-on été aussi brutal à l’égard des indigènes arabophones et berbérophones de l’Algérie française ?
J’adresse un message de sympathie à l’auditeur qui n’a pas voulu écouter l’émission. Son pays, la France, a été un grand pays. Il l’a vu s’effondrer, et la nullité des politiques depuis 1981, l’a précipité dans le néant. Je vis en France depuis 1966 ; je n’ai pas que des sentiments négatifs contre la France, loin s’en faut. Je serai toujours reconnaissant à la France de m’avoir accordé une place, de m’avoir bien accueilli, bien mieux que mes compatriotes bretons, pour lesquels j’ai dépensé tant d’énergie. Je compatis à sa douleur. Mais parce qu’il souffre de voir sa langue et sa civilisation s’avilir chaque année, je lui demande d’écouter tout ce que j’ai à dire sur mon Pays, la Bretagne, qui occupe toutes mes pensées.
Il va comprendre le calvaire que la Bretagne, sous domination étrangère, a vécu depuis cinq siècles, et, a travers sa propre souffrance, il comprendra.
La capacité des Français de comprendre l’autre, de l’admettre, est très supérieure à celle des Bretons. Je remplis un devoir de justice en disant cela.
Cher Jean Gilles Malliarakis,
Vous nous dites que vous aimez la langue française. Mais j’espère bien que vous l’aimez, dites donc ! Il ne manquerait plus que cela, que vous n’aimiez pas votre langue maternelle, celle dans laquelle vous avez prononcé vos premiers mots, celle que votre mère s’est échinée à vous apprendre, celle dans laquelle vous avez exprimé vos premières émotions ! La langue maternelle est celle que tout homme normal doit aimer le plus, même s’il a le droit d’admirer les autres, comme faisant partie du patrimoine de l’humanité.
Figurez vous que beaucoup de Bretons éprouvent aussi une vénération pour leur langue. Comment les Français ne peuvent-ils comprendre cela ?
Pour ma part, j’ai quelque ressentiment envers mes ancêtres bretons puisque, une fois la famille émigrée en Anjou, l’usage de bretonner s’est perdu chez les miens.Il est vrai que ça remonte à quelques siècles. Mais j’en ai autant à l’égard de mon arrière-grand-père toscan qui a même traduit son nom de famille en français. Et, née à Chalon sur Saône, je peine pourtant à comprendre le franco-provençal.
Chaque fois qu’une langue meurt, c’est une vision du monde qui meurt avec elle, une façon propre de tisser des relations avec les autres, avec la terre, avec les outils, avec le paysage. C’est un peu de l’humanité qui se désagrège.
N’oublions pas, pour ceux qui sont chrétiens, que la Pentecôte est la transfiguration des langues dans leur diversité et leur richesse.
Certains contes, certains mythes que l’on traduit et qui circulent d’un bout à l’autre de la planète jouaient à l’origine sur les mots d’une langue et perdent à la traduction le plus clair de leur sens. Ainsi de la Belle au Bois dormant qui ne se comprend bien qu’en grec alors même que le conte ne figure ni dans Hésiode ni chez Homère, ainsi du Chat Botté qui prend toute sa virulence en catalan.
C’était juste un contrepoint plutôt qu’un commentaire…
@Jean Gilles Malliarakis : parle dans le micro, scrogneugneu ! C’est insupportable quand on entend vaguement ta voix marmonnée depuis la planète Mars !
Vous venez d’écrire des phrases très belles, sur la compréhension que les êtres humains et les civilisations doivent se témoigner. Avec tous les défauts abominables que je connais aux Bretons (le père d’un de mes amis m’a trasmis une formule admirable, pour témoigner de leur capacité inouie à s’em… les uns les autres, et à se faire du mal, au lieu de s’unir: CHAQUE BRETON EST UNE BANDE DE CONS A LUI TOUT SEUL!), je pense qu’ils ont cette qualité, ou qu’ils soient (je veux dire: dans tout pays étranger au leur), à pouvoir s’adapter et à comprendre l’autre. C’est ainsi que j’aime bien les français, malgré notre contentieux plus que millénaire. Notre réputation est généralement bonne … chez les autres!
N’en veuillez pas à vos ancêtres d’avoir oublié leur langue d’origine: avec qui l’auraient ils parlée? Et qui aurait compris leur idiome? Devaient ils soliloquer pour vous transmettre, à vous une langue plusieurs siècles après?
N’oubliez pas que l’Anjou faisait partie du royaume de France, que la justice s’ y rendait au nom du roi, qu’il y avait une frontière bretonne bardée de forteresses pour protéger le Duché (et vice versa), et que, chez nous, la justice se rendait au nom du Duc Souverain! Même au temps de leurplus grande extension territoriale, on n’a jamais parlé breton en Anjou!
Louis MELENNEC