La Russie orthodoxe et l’unité des chrétiens
À l’occasion de la venue en France d’Alexis II, Patriarche de Moscou, JG Malliarakis évoque la situation spirituelle de la Russie et de l’orthodoxie.
Ouvrages cités :
→ Hyacinthe Destivelle “Le Concile de Moscou”
→ Nikita Struve “Les Chrétiens en URSS”
→ Elisabeth Behr-Sigel “Prière et sainteté dans l’église russe”
Lundi 8 octobre 2007 • classé dans Malliarakis, Jean-Gilles, JG Malliarakis •



















Je rassure tous les amis de JGM (et surtout ses copains du bd Murat) le “départ” mentionné par Olivia fait simplement allusion à de très courtes vacances.
Bonne écoute.
Emission passionnante et à laquelle j’applaudis de tout coeur sauf pour la question du filioque. Je sais qu’il est aujourd’hui de bon ton de considérer que c’est une question absconse, pour ne pas parler d’une sodomisation de diptère, et que les seules raisons de désaccord furent politiques. Ce n’est pas si simple. La première émergence du filioque se trouve dans les oeuvres d’Augustin, avec un raisonnement très embrouillé pour parvenir à déduire la Trinité de la nature de Dieu, nature qu’il décrit à la manière de la philosophie néo-platonicienne comme simple, immuable, etc. On retrouve appliqué au Père tout le descriptif du sphairos de Parménide. Or mettre ainsi en avant la nature de Dieu, c’est le soumettre à une nécessité interne peut-être mais impérieuse et c’est là qu’achoppe le raisonnement augustinien, ce qui l’amène à d’extraordinaires acrobaties logiques pour éviter la regressio ad infinitum…
La théologie orthodoxe et là, je pense au concile de Nicée, aux Pères cappadociens, à saint Maxime le Confesseur et à la lumineuse notion de synergie des volontés (reprise d’ailleurs de saint Vincent de Lérins, comme quoi l’Eglise était vraiment indivise), la théologie” orthodoxe est un personnalisme. Dieu le Père n’est pas soumis à sa propre nature, c’est sa personne qui en est la source. Cela n’a l’air de rien, d’un simple renversement de perspective mais en fait cela change tout car c’est ce qui a permis à Berdiaev d’écrire cette page magistrale sur l’exigence de liberté du chrétien que vous avez vous même postée, mon cher Jean Gilles, sur certain forum…
Ce qui change, avec ou sans filioque, c’est la méfiance ou la confiance que l’on peut avoir en l’homme, même si tous nous accordons à nous savoir pécheurs. Et c’est dans la méfiance vis à vis de la nature humaine que s’enracine la possibilité du Grand Inquisiteur.