La banque libre
François Guillaumat et Georges Lane présentent le problème qu’a créé la suppression de la liberté des contrats en matière monétaire : la banque libre fournissait à ses utilisateurs la quantité exacte de monnaie que ceux-ci souhaitaient détenir.
Depuis, l’imposition de monopoles réglementaires par les hommes des états, notamment sur les billets de banque, crée des surplus ou des insuffisances qui débordent sur les marchés des autres produits, ce qui change le pouvoir d’achat de la monnaie et surtout fausse l’ensemble des prix, engendrant des pertes spectaculaires.
Cependant, conformément à la loi des calamités, au lieu de renoncer aux ingérences qui les avaient causées, les hommes de l’état ont pris prétexte de ces pertes pour violer encore davantage la liberté des contrats.
→ Livre : “Théorie de la banque libre”, George Selgin, Paris, Les Belles lettres, mars 1991
→ Steve Hanke, “Free Banking for Zimbabwe”, Globe Asia, December 2007
Mardi 4 décembre 2007 • classé dans Guillaumat, François, Georges Lane •



















Ceux qui ont lu “La théorie de la banque libre” de George Selgin préciseront que l’exécution du contrat de remboursement , qui est la clé de l’ajustement dans un système de banque libre, passe par la concurrence entre les banques :
Le client d’une banque qui veut réduire son encaisse monétaire ne va pas lui-même réclamer le remboursement en or de son compte à vue ou de ses billets de banque : il va simplement dépenser une partie de cet argent, et c’est son fournisseur qui ira, un jour ou l’autre, porter cet argent-là à sa propre banque.
S’ils ne sont pas clients de la même banque, la banque du second va immédiatement réclamer à celle du premier le remboursement en or de la monnaie en question.
Comme chaque banque doit maintenir un certain taux de réserves entre la monnaie qu’elle créée et l’or qu’elle conserve pour faire face à ses engagements, ce remboursement l’oblige à détruire une partie de la monnaie qu’elle avait créée.
Les monopoles réglementaires, en affaiblissant la concurrence entre les banques, freinent cette procédure de retour : cela permet aux banques de créer ensemble trop de monnaie et, quand les demandes de remboursement leur parviennent enfin, ces banques sont toutes à court de réserves et le système doit réduire massivement son activité : c’est la cause des crises de crédit au XIX° siècle.
On voit bien pourquoi, tant qu’on n’a pas mis en cause les monopoles réglementaires, c’est l’obligation de rembourserment en or qui paraît être la cause de ces crises, et c’est elle que les hommes des états ont fini par éliminer tout à fait.
[…] le Kapok sterling (prononcez sterlain). Sa gestion ne sera pas étatique, mais faite suivant les théories de la banque libre et le kapok sterling sera donc mis en concurrence avec toute autre monnaie non étatique qui pourra […]
J’ai trouvé très intéressante l’incise de GL dans ce brillant exposé sur la monnaie électronique. En effet, la théorie ne suffit pas. Il convient également de montrer de manière pratique à quoi ressemble pour le particulier le choix de sa monnaie dans un monde où la liberté des contrats monétaires serait respecté.
Or cette possibilité existe déjà via internet et nous aurons l’occasion de le montrer dans une prochaine Cyberguéguerre.
Pour la bonne compréhension des néophytes, les estimés intervenants auraient peut-être eu intérêt à rappeler plus souvent ce que l’on appelle “monnaie marchandise”. Les intervenants auraient dit “pièces d’or” par exemple, je pense que c’eût été plus simple pour bcp car ces brillants entretiens de GL doivent s’adresser à tous les publics : convaincus comme non convaincus, universitaires comme non universitaires.
Passionnante émission.