Maurras père putatif des souverainistes
Mais l’ont-ils seulement lu ?
→ lire le texte de cette chronique
Mercredi 16 janvier 2008 • classé dans Libre chronique de l'Insolent •
Mais l’ont-ils seulement lu ?
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Mercredi 16 janvier 2008 • classé dans Libre chronique de l'Insolent •
Monsieur,
Je lis vos articles avec entrain et je ne puis m’empêcher d’être plus que déçu par votre article.
En effet, vous semblez indiquer que tous ceux qui réclament un référendum pour le traité de Lisbonne sont des souverainistes. Cela est loin d ‘être le cas.
Ensuite vous semblez vouloir jeter l’opprobre sur les souverainistes parce qu’ils seraient liés à Maurras. La belle affaire). Vous ne démontrez rien malheureusment.
E, effet : depuis quand Maurras a été respectueux de la liberté politique -liberté politique qui n’a jamais trouvé mieux à s’exprimer que dans un système démocratique – et donc depuis quand Maurras serait-il le père des souverainistes actuels qui ne jurent que par la démocratie ?
C’est en suivant la même logique consistant à plaquer l’opprobre du passé sur les gens actuels que certains immigrés actuels – particulièrement les musulmans – rejettent la France et les blancs européens. Ces derniers sont coupables d’un pêché héréditaire : celui d’avoir justifié idéologiquement la colonisation ou l’esclavage. Ils sont les héritiers de cette France ; ergo ils sont des « souchiens ».
Votre démarche intellectuelle me semble donc plus que choquante … elle me semble passez moi le mot : « putride ».
Troisièmement : je ne vois pas comment un homme qui se dit libéral peut soutenir le projet européen et traite les justement « souverainistes de « putrides ».
Ma note serait trop longue (je reviendrai dessus si vous le voulez) mais il vous sera difficile de prouver que l’UE est un réel « projet » (elle ne sait pas où elle va) ni que les Etats ayant construit l’UE respectent la démocratie et la séparation des pouvoirs (puisque un référendum est purement et simplement balayé -les français et hollandais ont mal voté donc tant pis pour eux- et parce que le processus de décision communautaire permet de se passer des parlements nationaux, donc de la contestation politique.)
Or un libéral ne peut être un libéral s’il ne conçoit pas que le pire danger pour la liberté de chacun vient de l’Etat.
Rappelez la conclusion de Tocqueville dans « de le Démocratie en Amérique »…
L’UE m’apparaît comme l’anti politique et l’anti nation : elle a été construite contre les guerres entre nations (la nation est donc mauvaise mais qu’importe si la démocratie ne peut que s’inscrire dans un système national puisque la nation est l’expression sublimée du vouloir vivre ensemble) et contre les politiques (la BCE est séparée des politiques ce n(est pas un hasard et nos élus ne peuvent rien faire tout seuls), qu’importe aussi si aucun citoyen à part quelques experts comprennent quelque chose à l’UE et reconnaissent dans le parlement européen le représentant qu’un quelconque peuple européen.
Un libéral digne de ce nom ne peut pas être d’accord avec l’UE politique telle qu’elle a été idéologiquement pensée avec Maastricht.
Finalement : je me demande si l’UE n’est pas contre les peuples européens : elle ne s’oppose pas à l’immigration substitut de population, instaure en 2008 l’année du dialogue interculturel (donc du dialogue avec les musulmans), elle a rejette les racines chrétiennes de l’Europe pour ne pas être un « club chrétien » et son but ultime est d’être un pionnier dans un Etat monde dans lequel elle se dissoudrait.
Votre article est plus que décevant. Peut être êtes vous comme Jean Quatremer finalement. Sauf que vous êtes chrétien… fort bien. Mais vous n’êtes peut être pas un amoureux de la liberté politique.
LUMIERE101 est à la fois chrétienne, européeenne et libérale ; il a manqué à MAURRAS un peu de tout cela et on peut le regretter. Mais il y avait en lui un côté lumineux autant qu’un côté noir ; côté noir que de nombreux Français avaient d’ailleurs embrassé et dans lequelil était plongé : ” que celui qui n’a pas des pensées anti-juive ou anti-allemande me jette la première pierre ” , aurait il pu écrire.
Je garde de lui ce : ” la patrie, cette famille des familles ” ; ne convient il pas de comprendre cette magnifique définition au sens des nations selon l’Ancien Testament ?
Les pays fondateurs de l’Europe moderne, celle dont il est question ici, ce sont précisément des nations au sens biblique ; et cela ne doit pas nous étonner puisque les racines de l’Europe sont judéo-chrétiennes (et non pas marxistes ou, encore moins, islamiques).
Retirons en pensée Maurras de son siècle et déplaçons le ici et maintenant ; je prends le pari qu’il ne serait pas souverainiste mais au contraire européen. Et mon pari vaut bien l’inacceptable récupération de ceux qui s’appellent souverainistes. Ils restent comme la rouille sur les baïonnettes des soldats de 14. Ils n’ont rien compris et ne comprendront rien, englués qu’ils sont dans les boues de Verdun. Laissons les.
Européens, Chrétiens, et Libéraux : en avant!
C’est vrai ça : en quoi est-ce que la pensée maurassienne peut nous être utiles à nous, réactionnaires de tout poil, pour analyser le monde d’aujourd’hui ? A rien, je crois. Beaucoup moins que celle d’Arendt, en tout cas.
“Attendez que nous ayons fini une bonne fois avec ces diables de jacobins centralisateurs.” Charles Maurras.
Pourquoi votre détestation de la souveraineté de la France et ce mythe de l’Europe ?
L’Europe géographique existe bien sûr, peut-être existe-t-elle aussi au niveau culturel (dans le sens de chrétienne et blanche, enfin blanche pour la France…), mais d’autres pays sont aussi “européens” hors d’Europe : le Canada, l’Australie, etc.
Mais pourquoi être contre la souveraineté française et pour l’Europe de Brussels ? Pour vouloir imposer de plus en plus un modèle unique en commençant par la langue unique, l’anglais, les universités (”Master”), le tout au nom de la diversité, bien sûr.
C’est intolérable.
Cette Europe doit mourir, le plus tôt sera le mieux. La France a un destin qui dépasse celui imaginé par les gnomes de Brussels, en Europe et au-delà, mais de manière souveraine.
(Ah, et je n’ai jamais lu Maurras qui n’est pas une référence pour moi)
Petite Réponse à M. Zwingli : je ne “déteste” pas la souveraineté de la France.
Ce que je combats s’appelle le jacobinisme dont le prétendu “souverainisme” est la version la plus recente.
Vous n’avez pas lu Maurras dites-vous. Donc mon article n’a pour fonction que de vous donner des informations sur cette pensée et sur son influence : je ne comprends pas au nom de quoi vous m’interpellez sur ce que vous appelez l’Europe de “Brussels” (qui s’écrit en français “Bruxelles”) dont je ne défends jamais les orientations technocratiques.
La France a un destin dites-vous. Je serais heureux de savoir ce que vous entendez par là,
– car il faut choisir : “la fille aînée de l’Église” ?
-”gesta Dei per Francos” ?
- ou la “patrie des droits de l’Homme” ? - ou encore tout autre chose comme par exemple la reconstruction de l’Algérie française de Dunkerque à Perpignan ?
- ou bien le dernier pays de l’est ???
Or “choisir” et “destin” sont deux mots un peu incompatibles. Convenez-en.
J’aime la France, ou plus précisément encore j’aime “mon vieux Paris”, la Gascogne, la Touraine, le Quercy, la colline de Saint-Emilion, la Bourgogne, etc. J’aime la peinture française, la langue française, etc. Je pense que tout cela a un avenir, indépendamment de l’État centraliste qui l’étouffe, de la “république une et indivisible”, de la sécurité sociale — proclamée identité nationale par Chirac en 1995 et qui, véritable mal français, est probablement à l’origine de la peur des Français de 2005 — qui étaient pourtant à l’origine de la “construction européenne” — face à un projet de constitution largement rédigé par eux.
Bon et saint dimanche M. Zwingli.
D’accord avec M. Malliarakis pour un Europe chrétienne et libérale pour horizon français !
Démographiquement, la France ne sait pas relevé de la 1ère Guerre Mondiale ; militairement, de la défaite de 40 ; politiquement, du procés Pétain. Voulez-vous l’achever maintenant dans vos fauteuils par “nationisme” bourgeois ?
A l’orée du XIXème siècle, le partage de souveraineté avec les autres nations d’Europe n’est pas l’ennemi de la France. C’est au contraire le retour à une plus grande souveraineté : 1)Je me sens Rhône-Alpin DONC Français et Français DONC Européen. Ici, le DONC est inclusif.
2)Que notre spiritualité euro-chrétienne revienne irriguer nos cellules familiales, professionelles, etc…Là c’est de l’ordre de la prière, de la Foi, peut-être? Mais notre Raison sait que c’est le principe de préférence qui guide le vrai DON de soi : D’abord la famille, après la Région après la Nation. Or, le “libéralisme-libertaire” de Cohn-Bendit relooké “sécuritaire” par Sarko part, lui, de l’individu, donc de la fin de la chaîne et non du début.
Etre chrétien à l’heure de la mondialisation, c’est agir du proche(ain) au lointain et non l’inverse. Les missions chrétiennes, c’est en Seine St Denis et au Kosovo qu’il faut les envoyer aujourd’hui, non en Papouasie Nelle Guinée… Quand au phénomène immigration-émigration, il faut le voir avant tout comme synonyme de déracinement, donc de souffrance. Et la refréner comme tel.
L’hypocrisie, l’inversion des valeurs, la culpabilité guête le Chrétien, c’est un de nos plus dangereux ennemi.
Bien cordialement à tous, F.Andreu.
Comme vous avez raison de vous méfiez de Maurras !
Une petite anecdote : quand Maurras demanda à Maurice Blondel (et déjà il ne s’appréciait guère) une rencontre avec Ollé-Laprune, grand philosophe catholique de l’époque, et duquel ce dernier était proche, il l’obtint. Mais après cette entrevue, Ollé-Laprune, atterré, écrivait déjà si justement à Blondel : « C’est un païen ! ».
Et quel mal il a fait au catholicisme français ! En instrumentalisant la foi catholique et en bernant tant de chrétiens, il a apporté de l’eau au moulin des anti-chrétiens dominants, « bouffeurs de curés » primaires ou idéologues, et justifié leurs actions de bannissement et de dévalorisation de tout ce qui, de près ou de loin, pouvait apparaître intellectuellement ou socialement catholique, assimilé – rengaine répétée ad nauseam – à du fascisme. Quand on sait qu’en face, les chrétiens de gauche symétriquement se faisaient phagocyter par les communistes, le cocktail devenait détonnant. Il ne faut dès lors plus s’étonner de la situation actuelle, le christianisme ayant été déserté des deux côtés pendant près d’un siècle. La bataille du siècle dernier fut perdue faute de combattants, la lumière, sous les boisseaux païens, ayant presque fini par s’éteindre.
Le grand espoir actuel, c’est qu’avec la dissolution générale des idéologies, le maurrassisme et le communisme n’en finissent plus d’agoniser (le premier est déjà mort, ce semble). Décomplexé, mais sur un champ de ruines relativiste, le christianisme va pouvoir reconstruire, ou plutôt renouveler, ce qui a été balayé… à condition que les chrétiens savent encore ce qu’ils ont à partager, car on ne peut pas dire que la catéchèse actuelle leur ait transmis en abondance l’intelligence de leur foi !
Pour en revenir au maurrassisme, je crois que son plus pénétrant et son plus précoce ennemi fut Joseph Vialatoux (cf. son article « Question à l’Action Française » dans le bulletin de la Semaine du 14 avril 1909, par exemple). Il a très bien vu comment ce qu’il appelle le « naturalisme », qu’il fait remonter à Hobbes et à son Etat totalitaire, qui inclut le néo-monarchisme positiviste de Maurras, a étouffé le christianisme en annihilant la vie intérieure par la vie extérieure. Vialatoux a ainsi très bien montré que contrairement à ce que pensait Maritain, il n’y avait point d’incompatibilité entre la doctrine morale païenne et la doctrine politique prétendument catholique de Maurras, mais continuité : tout y était païen. Dès lors, il expliquait très bien la non-soumission hypocrite de l’Action Française après la condamnation papale : quand Maurras rétorquait qu’il n’avait pas à le faire sous prétexte que le pouvoir spirituel aurait empiété sur le pouvoir temporel, il n’aurait rien fait d’autre que de témoigner de sa « libre-pensée » positiviste ! Comme Comte s’était auto-proclamé prophète de sa nouvelle religion, son disciple Maurras s’auto-institua pape de l’Action Française et n’entendait rien céder à celui de Rome ! Il est vrai que s’il avait abondamment usé de l’anathème et de l’excommunication pour ses propres dissidents, il n’était pas à armes égales avec Pie XI. Son « non possumus » ressemble d’ailleurs à une parodie dérisoire de bulle papale. Aussi, avec le recul quel catholique peut encore croire que l’échec de l’Action Française est fortuit, dû simplement à une piètre conjoncture politique ? Dans cette affaire, le « Si celui-ci ne venait pas de Dieu, il ne pourrait rien faire du tout. » (Jn 9, 33) ou le « Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, cela vous sera accordé. » (Jn 15, 7) résonnent de façon fort révélatrice…
Il faut aimer sa patrie, comme point d’ancrage concret de l’amour et en tant que famille élargie – son existence est justifiée théologiquement et bénie – mais il ne faut surtout pas se limiter à elle : tous les humains doivent être nos frères. Aujourd’hui, nos contemporains semblent avoir compris qu’il ne faut pas s’arrêter à la nation, que le nationalisme est une idolâtrie. Si le communisme fut si influent, il faut reconnaître que c’est pour avoir compris cela. Sauf qu’il tomba dans une autre idolâtrie : celle de l’humanité assimilée à la classe prolétarienne. Cette auto-adoration devait évidemment conduire aux mêmes drames que ceux causés par cet autre orgueil qu’est le nationalisme. Espérons que l’humanité bientôt accomplira l’ultime étape supplémentaire : son ouverture à Dieu, suivant en cela les conseils de Vialatoux, de Blondel ou de tant d’autres, comme Simone Weil dans La Pesanteur et la Grâce : « Pour respecter par exemple les patries étrangères, il faut faire de sa propre patrie, non pas une idole, mais un échelon vers Dieu. »
Dans le cas précis de l’Union européenne, il faut se réjouir de son existence (quoiqu’on puisse éprouver les plus vives réticences si elle aboutit à une nouvelle tour de Babel impériale, où règnerait une technocratie toute puissante devenue super-Léviathan étatique – mais je ne le pense, car seule une certaine « élite » française semble le souhaiter.). Les propos de Mère Yvonne-Aimée de Malestroit, que j’ai cités par ailleurs (http://lumiere101.com/2007/11/30/bilan-du-marechal-petain-1940-1944/) confirment cela.