• Georges Lane

Le capitalisme financier

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L’actualité est l’occasion d’un certain nombre de malentendus et de mythes sur les marchés financiers. François Guillaumat et Georges Lane présentent la finance comme une industrie de services, dont la raison d’être est de gérer la durée. Comme tout marché, la finance échange des Droits de propriété mais en plus elle les recompose pour permettre à chacun de mieux gérer son patrimoine.

→ Georges Lane : “Le capitalisme financier : un merveilleux pléonasme”

→ Harry M. Markowitz, “Portfolio selection”, Journal of Finance, 1952

→ Ronald Coase “La nature de l’entreprise“, 1937

 
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Mardi 29 janvier 2008
 scoopeo:Le capitalisme financier tapemoi:Le capitalisme financier



10 avis d'auditeurs

  1. Nicolas commenting on Le capitalisme financier
    Nicolas a dit le Mardi 29 janvier 2008 à 15:36

    Une chose est de gérer des capitaux pour le compte de la banque sur les marchés financiers en profitant des effets de levier et d’une source infinie de capitaux propres mis à disposition par les banques centrales (refinancement sur le marché interbancaire, opération reverse repo), une autre est de confier son argent à la banque en espérant gagner quelques points après le paiement des multiples taxes. La banque et l’épargnant ne jouent pas à armes égales: la gestion privée est sévèrement encadrée par les multiples réglementations qui limitent les possibilités de placements à haut rendement et en rognent les bénéfices par une impposition confiscatoire. Tandis que les banques peuvent investir directement sur les marchés en tradant pour leur compte propre, par le biais des véhicules spécialisés d’investissement qui contournent les barrières nationales ou des fonds d’investissemnt, sans être incapacitées par les réglementations nationales ou euopéennes qui obèrent les placements collectifs. Les banques sont donc les grandes gagnantes à long terme sur les marchés financiers globalisés alors que les épargnants emprisonnés dans leur pays d’origine paient les pots cassés d’une réglementation toujours plus contraignante au nom de l’assainissement des marchés financiers. De qui se moque-t-on??

  2. Nicolas commenting on Le capitalisme financier
    Nicolas a dit le Mardi 29 janvier 2008 à 16:29

    Ajoutons ici que l’Etat est le principal bénéficiaire des bénéfices engrangés par les banques sur les marchés financiers (et non le déposant dont le compte courant n’est même pas rémunéré par ceux-là même à qui il a prêté gratuitement les ressources qui lui seront reprètées contre intérêts débiteurs par les banques, ni même l’épargnant dont les placements obéissent à d’autres règles de gestion), notamment par le prélèvement de l’IS et de la TVA sur les services financiers. Les économistes pourraient facilement faire remarquer qu’une légère taxes sur les opérations de trading des banques pourraient permettre de supprimer facilement l’impôt sur le revenu, compte tenu du volume phénoménal atteint par les transactions financières. Mais seulement voilà: si l’épargnant garde ses revenus, il n’aura plus besoin d’emprunter l’argent qu’il est obligé de déposer gratuitement dans les banques et à ses frais (la banque reconnaissant le crible de commissions). Il pourrait aussi lui venir la mauvaise idée de se constituer un capital qui lui permettrait de trader directement sur les marchés, en profitant par exemple de l’effet de levier offert par les produits dérivés simples comme les options ou les futures sur indices. En fait de capitalisme, on assiste surtout au pillage des faibles par les forts par le biais de l’usure et de la confiscation fiscale. La monarchie avait su préserver le peuple de tels abus des financiers, ce qui les dits financiers ne pouvaient lui pardonner, qui ont installé la République au pouvoir. On assiste depuis à une longue romance entre ses deux compères aux frais du peuple dont la volonté générale tient lieu de légitimité à des rapaces déguisés en démocrates.

  3. Nicolas commenting on Le capitalisme financier
    Nicolas a dit le Mercredi 30 janvier 2008 à 1:26

    (Je précise juste pour la clarté que le Nicolas sans avatar n’est pas le Nicolas avec…)

  4. georges lane commenting on Le capitalisme financier
    georges lane a dit le Mercredi 30 janvier 2008 à 14:02

    Nicolas, sans avatar, a écrit :
    “Une chose est de gérer des capitaux pour le compte de la banque sur les marchés financiers en profitant des effets de levier et d’une source infinie de capitaux propres mis à disposition par les banques centrales (refinancement sur le marché interbancaire, opération reverse repo), ”

    Et l’épargnant à toute capacité de devenir actionnaire de la banque en question en achetant des actions sur les marchés organisés où elle a demandé à être cotée, pour bénéficier des fruits de son activité.

    Il poursuit :
    “une autre est de confier son argent à la banque en espérant gagner quelques points après le paiement des multiples taxes. ”

    la chose n’est qu’un marché OTC parmi bien d’autres marchés OTC ou organisés, spot ou non spot en perpétuelle réduction de coûts désormais.

    Il ajoute :
    “La banque et l’épargnant ne jouent pas à armes égales: ”

    Vous avez raison : l’épargnant peut être actionnaire de la banque et non pas l’inverse !

    Il développe :
    “la gestion privée est sévèrement encadrée par les multiples réglementations qui limitent les possibilités de placements à haut rendement et en rognent les bénéfices par une impposition confiscatoire. ”

    les possibilités d’aujourd’hui ne sont pas celles d’hier. Ne parlons donc pas de possibilités, mais plutôt des innovations qui ont rendu caduques les possibilités d’hier et qui rendront caduques celles d’aujourd’hui.

    Et prêtons attention à la course poursuite qui existe entre les innovateurs et les réglementeurs qui tendent à encadrer les innovations sans les comprendre.

    Il ajoute :
    “Tandis que les banques peuvent investir directement sur les marchés en tradant pour leur compte propre, par le biais des véhicules spécialisés d’investissement qui contournent les barrières nationales ou des fonds d’investissemnt, sans être incapacitées par les réglementations nationales ou euopéennes qui obèrent les placements collectifs. ”

    et les actionnaires des banques en bénéficieront, ainsi que toutes les parties contractantes des banques

    il tire des conséquences :
    “Les banques sont donc les grandes gagnantes à long terme sur les marchés financiers globalisés alors que les épargnants emprisonnés dans leur pays d’origine paient les pots cassés d’une réglementation toujours plus contraignante au nom de l’assainissement des marchés financiers.”

    Et les actionnaires des banques sont donc les grands gagnants de l’innovation financière de ces dernières années, ainsi que toutes les parties contractantes des banques

    Il conclut :
    “De qui se moque-t-on??”

    Pour ma part, je conclurai :
    Je me le demande en effet..

  5. georges lane commenting on Le capitalisme financier
    georges lane a dit le Mercredi 30 janvier 2008 à 14:22

    Nicolas sans avatar poursuit sur le second billet :
    “Ajoutons ici que l’Etat est le principal bénéficiaire des bénéfices engrangés par les banques sur les marchés financiers (et non le déposant dont le compte courant n’est même pas rémunéré par ceux-là même à qui il a prêté gratuitement les ressources qui lui seront reprètées contre intérêts débiteurs par les banques, ni même l’épargnant dont les placements obéissent à d’autres règles de gestion), notamment par le prélèvement de l’IS et de la TVA sur les services financiers. ”

    Disons que les hommes de l’Etat sont peut-être les principaux bénéficiaires de l’innovation financière. Ils n’ont pas à hisser la fiscalité au niveau des dépenses budgétaires somptuaires dont ils se repaissent entre deux élections.

    Il continue :
    “Les économistes pourraient facilement faire remarquer qu’une légère taxes sur les opérations de trading des banques pourraient permettre de supprimer facilement l’impôt sur le revenu, compte tenu du volume phénoménal atteint par les transactions financières. ”

    les hommes de l’Etat ne sauraient, eux, tuer le nombre croissant de poules aux œufs d’or par une taxe de plus.

    Il ajoute :
    “Mais seulement voilà: si l’épargnant garde ses revenus, il n’aura plus besoin d’emprunter l’argent qu’il est obligé de déposer gratuitement dans les banques et à ses frais (la banque reconnaissant le crible de commissions). ”

    propos incohérent.

    Qu’a cela ne tienne, il écrit encore :
    “Il pourrait aussi lui venir la mauvaise idée de se constituer un capital qui lui permettrait de trader directement sur les marchés, en profitant par exemple de l’effet de levier offert par les produits dérivés simples comme les options ou les futures sur indices. ”

    c’est fait depuis la fin de la décennie 1980 et cela a donné lieu à l’émergence et à la concurrence des marchés financiers de tous poils.

    Et Nicolas sans avatar de conclure en deux temps : primo,
    “En fait de capitalisme, on assiste surtout au pillage des faibles par les forts par le biais de l’usure et de la confiscation fiscale. ”

    On assiste surtout à la réduction de l’ignorance spécifique de l’être humain et à l’augmentation de sa capacité d’être moins assujetti aux hommes de l’Etat.

    Secundo,
    “La monarchie avait su préserver le peuple de tels abus des financiers, ce qui les dits financiers ne pouvaient lui pardonner, qui ont installé la République au pouvoir. On assiste depuis à une longue romance entre ses deux compères aux frais du peuple dont la volonté générale tient lieu de légitimité à des rapaces déguisés en démocrates.”

    Je conclurait pour ma part en disant qu’une des erreurs de la monarchie a été de montrer qu’on pouvait pervertir la monnaie et de la pervertir. Mais la monnaie est la condition de la liberté humaine – je vous renvoie à Rueff sur le thème -. Pervertir la monnaie, c’est pervertir cette condition.
    Ce qui devait arriver, est arrivé : la perversion de la monnaie – les revenus qu’elle en tirait – s’est retournée contre elle.

  6. Sparte commenting on Le capitalisme financier
    Sparte a dit le Samedi 2 février 2008 à 9:19

    Mon message paraitra un peu décalé par rapport au sujet, et pourtant on est en plein dedans ; ne manquez pas de faire un tour sur un site consacré à MILTON FRIEDMAN : http://www.ideachannel.tv

    Epoustouflante cette série de 15 sujets traités chacun en 57 minutes ! En route vers la LIBERTE …

    He opened the door. I said, “Dr. Friedman, I’m Bob Chitester.” He said, “Please call me Milton. We’ve been expecting you. Come in and meet Rose.” That was January 14, 1977 in San Francisco, just weeks after Milton Friedman was awarded the Nobel Memorial Prize in economics. It was the beginning of what they came to call “the most exciting venture of our lives:” the production of the PBS TV series Free to Choose and the best selling book based on the series.

    Le chroniques de GEORGES LANE sur LUUMIERE 101 sont en train de produire une série d’émission du même style ! En audio pour le moment.

    J’aime LUMIERE 101

  7. Sparte commenting on Le capitalisme financier
    Sparte a dit le Samedi 2 février 2008 à 12:48

    Sur le sujet, voici le commentaire d’une personne du milieu ” des salles de marchés “. Les BONNES QUESTIONS y sont posées concernant l’affaire de la SOCIETE GENERALE :

    http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=20601039&refer=columnist_baum&sid=aTt_46Sj5Bp8

    Merci à Caroline, de Bloomberg

  8. georges lane commenting on Le capitalisme financier
    georges lane a dit le Dimanche 3 février 2008 à 12:12

    Le lien à “capitalisme financier : un merveilleux pléonasme” était provisoire : “dernière”.

    Le lien définitif est désormais :
    http://blog.georgeslane.fr/category/Economie-appliquee-des-marches-financiers/page/5

  9. Nicolas commenting on Le capitalisme financier
    Nicolas a dit le Dimanche 3 février 2008 à 18:29

    A propos des démêlés de la monarchie pendant le règne de Louis XVI avec les financiers gènevois et le rôle clé joué par ceux-ci dans la monétisation de la dette et le renversement du règime par peur de l’annulation des dites dettes se référer à “Rivarol et la révolution française” (voir les subsides et l’armement qui ont servi à rameuter et armer les émeutiers venus de tte l’Europe). Si la monarchie a perverti la monnaie, c’est bien sur les conseils des financiers, notamment de leur poulain Necker et non l’inverse. Louis XVI, faute d’avoir pu imposer la réforme nécessaire de la fiscalité proposé par Calone, afin de garantir à l’Etat des revenus suffisants sur une base équitable, s’est vu contraint de recourir à l’emprunt. A tel point que le dit Necker rêvait d’instaurer un marché de la dette public et de transformer la France en économie financière, suivant en cela les conseil des physiocrates.

  10. Nicolas commenting on Le capitalisme financier
    Nicolas a dit le Dimanche 3 février 2008 à 20:35

    Ajoutons que les emprunts lancés par Necker revenu aux Finances en 1790 étaient remboursables avec le produit de la vente de biens nationaux (cf le précédent de la confication des biens de l’Eglise catholique par Henry VIII pour renflouer le Trésor). Le même Necker eut aussi l’idée géniale de la transformation de la caisse d’escompte en banque nationale. C’est sous son ministère que furent inaugurées les contibutions publiques, ancêtre de la CSG et autres impôts de solidarité. Sauf qu’à cette époque, la générosité prévalait encore sur la solidarité nationale. Même les demoiselles du Palais Royal ont fait généreusement cadeau à l’Etat d’une nuité.
    “Un quidam bon mari, mais meilleur citoyen,
    Rêvant patriotisme et songeant au moyen
    Que Necker a trouvé pour sauver la patrie,
    Lui dit: voilà ma femme, elle est jeune et jolie,
    Elle inspire à la fois l’amour et l’amitité:
    Vous demandez mon quart, je donne ma moitié.”

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