• Georges Lane

Finance et science économique

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François Guillaumat interroge Georges Lane à propos des événements récents sur les marchés financiers. Dans quelle mesure les financiers connaissent-ils assez de théorie économique pour prendre en compte certains risques? Dans quelle mesure les économistes demeurent-ils assez conscients de ce que les financiers savent par leur vécu quotidien? Et à l’inverse, comment faire connaître aux professionnels de la finance les raisonnements que leur expérience seule ne leur permet pas de prendre en compte avant qu’il ne soit trop tard?

→ Harry Markowitz : “Portfolio Selection”, Journal of Finance, 1952

→ Charles Gide et Charles Rist, Histoire des doctrines économiques

 
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Mercredi 19 mars 2008
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5 avis d'auditeurs

  1. Laure commenting on Finance et science économique
    Laure a dit le Vendredi 21 mars 2008 à 21:14

    Merci pour ce cours !

    Avez-vous un exposé abordable de la théorie du portefeuille ? J’ai trouvé ceci sur le site de Dauphine, mais cela me semble complexe :

    http://www.dauphine.fr/dfrea/master_ace/Finance/cours_thportefeuille06.pdf

  2. Pierre commenting on Finance et science économique
    Pierre a dit le Lundi 24 mars 2008 à 1:49

    Je trouve assez derangeant que vous exposiez la theorie du portefeuille de Markowitz comme la verite absolue. La simple question de considerer la volatilite ou la variance comme la definition du risque est deja “philosophique”. On peut avoir lu les ecrits des differentes ecoles economiques, etre tout a fait au courant de la theorie de diversification des portefeuilles et ne pas etre convaincu de son bien-fonde. L’exemple le plus celebre est bien entendu Warren Buffet, eleve de Benamin Graham, pour qui la theorie du portefeuille est une erreur. Il n’est pas “contre” la diversification puisque lui meme va investir dans des entreprises de secteurs differents. mais la conclusion de la theorie de la diversification qui est d’invesir dans A*taux sans risque + B*Portefeuille de marche pose un probleme a Buffet. Lui au contraire pense qu’il faut investir au maximum dans une dizaine/quinzaine de titres/societes.
    Notez le succes impressionant de Buffet (et de ses collegues….). Notez vers 2001 la declaration de Buffet sur les derives de credit “armes financieres de destructions massives” (il n’est pas fan de levier). Buffet va a l’encontre de la “pensee unique” economique (que vous developpez une fois de plus ici) comme je l’ai dit plus tot sur le nombre d’actifs economiques a posseder, en valorisant ces actifs economiques differemment (taux d’actualisation qqsoit actif = taux gouvernement long terme), refuse la volatilite comme mesure de risque… On pourrait continuer le jeu des differences puisque sa facon de pensee est fondamentalement differente de la theorie des choix de portefeuille de Markowitz.
    Remarquez que je ne suis pas “Buffetien” , que je ne suis pas contre markowitz, je suis juste enerve quand j’entends une fois de plus ce qui est une theorie expliquee comme si elle etait unique verite.
    Mais merci de ces podcasts, c’est tres interessant quand meme !!!

    ps : Je pense contrairement a vous que la majorite des personnes travaillant dans les etablissements financiers connaissent parfaitement les theories du portefeuille.

    pps : je suis d’hec : tenez vous au courant sur les programmes de l’ecole ahaha ! En particulier le cours de theorie financiere (livre Vernimmen , reference parmi les etudiants des autres ecoles…)

  3. Georges Lane commenting on Finance et science économique
    Georges Lane a dit le Jeudi 27 mars 2008 à 14:20

    Merci pour le commentaire, mais ni François, ni moi n’avons présenté la theorie du portefeuille de Markowitz comme la vérite absolue, loin de là, les auditeurs apprécieront.
    Markowitz a introduit une mesure très discutable “du” risque dans ce qui allait devenir “la” théorie du portefeuille. Entièrement d’accord pour dire qu’il n’y a pas une théorie du portefeuille, mais des théories.
    En tant qu’économiste, je dirai qu’il n’y a en fait que des approches de la théorie du patrimoine de chaque être humain.

    Vous écrivez en PS :
    “Je pense contrairement a vous que la majorite des personnes travaillant dans les etablissements financiers connaissent parfaitement les theories du portefeuille”.

    Je n’ai pas suggéré que les personnes en question ne connaissaient pas parfaitement les théories du portefeuille. En tant que financières émoulues de HEC, elles sont seulement dans l’incapacité de choisir de façon rationnelle l’une ou l’autre. Seul l’économiste a la capacité de faire le choix, voire celle de les rejeter tous, car il a beaucoup réfléchi sur les hypothèses - tantôt économiques, tantôt “purement mathématiques”, tantôt “mélanges plus ou moins contre nature” - qui y président.

    Quant à Warren Buffett, je dirai qu’il est de la “vieille école” - celle de la décennie 1940 - dont Markowitz avait montré une façon de s’en séparer.
    Entre nous, il est aussi entre le Capitole et la Roche Tarpéienne (scandale AIG…).

    Entre nous aussi, laissez de côté les livres - le plus souvent, des digérés indigestes -, suivez plutôt les revues scientifiques.

    Merci encore

  4. Claurila commenting on Finance et science économique
    Claurila a dit le Jeudi 3 avril 2008 à 16:40

    S’il s’agissait d’expliquer les choix apparemment imprévoyants de la part de gestionnaires dont on aurait pu attendre plus de prudence, pourquoi ne pas invoquer la garantie tacite de l’état ? Après tout, si on n’en tient pas compte on se trompe sur le risque tel qu’ils le percevaient.
    Pas forcément à tort.

  5. G.L. commenting on Finance et science économique
    G.L. a dit le Mardi 8 avril 2008 à 10:31

    Les deux arguments sont judicieux, bien venus, et j’admets leurs éléments, sauf un, imprécis, : la garantie tacite de l’état.

    Celle-ci porte, le cas échéant, sur les mauvais résultats de l’action du gestionnaire : l’état,i.e. le contribuable renfloue.

    Mais elle ne porte pas sur l’action elle-même.
    Le gestionnaire ne peut que sauter suite à ses erreurs de gestion, “après imprévoyance et absence de prudence”.

    Sauf à être suicidaire ou “masochiste”, cette attente de sauter formée avec incertitude - responsabilité - se juxtapose aux autres risques de perte qu’il cerne et prend, et ne peut que freiner ces derniers.

    Pour cette raison, le risque global qui en résulte - qu’il “perçoit” et prend - est indépendant de la garantie tacite de l’état.

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