Le jihad
Jean-Luc de Carbuccia reçoit Johan Bourlard historien, islamologue. Ils évoquent les textes fondateurs du jihad, le modèle de Mahomet la stratégie et la tactique du jihad.
→ Livre de l’invité : “Le jihad, les textes fondateurs de l’islam face à la modernité”, collection Studia Arabica.
Vendredi 18 avril 2008 • classé dans Bourlard, Johan, JL de Carbuccia •



















entretien intéressant mais qui occulte complètement l’énorme et prodigieux travail de synthèse du père Edouard-Marie Gallez!
D’autre part et pour en finir avec ce ” jihad ” C’est le problème du mot et de la chose! La racine de ce mot indique l’effort et pas la guerre même si, comme le prétend l’auteur, ce mot n’a jamais été employé que pour désigner la guerre.
En effet, ‘jahad’ c’est ‘faire effort’.
Maintenant, beaucoup disent que ce mot n’est employé dans le coran que dans le sens de ‘faire la guerre’. Or j’ai vérifié: ce mot n’est JAMAIS employé dans ce sens dans le coran. Pourquoi affirmer le contraire? Ca me dépasse, faut-il en arriver à tordre la vérité pour marquer un point? A-t-on vraiment besoin de cela?
Bref….
‘marquer un point’ voulais-je dire, mille excuses!
Mais de rien, mon cher. J’ai corrigé.
Merci Victor.
je crois bien que ce M. Bourlard est passé dimanche soir dernier au LJ des musiciens sur radio courtoisie pour dire évidemment les même ” choses “.
Ses propos arrangent bien les choses ça évite de se poser les vrais problèmes. On reste dans le même shéma mental et on y revient encore,comme le pauvre chien sur son os! Ce n’est pas maurassien ( ni marxien d’ailleurs )Il serait peut-être temps de faire la différence entre l’activité mentale et l’expression de l’intelligence!
M. Bourlard dérange certains, visiblement. Arguer du fait que “jihâd” signifie “effort” pour contester son argumentation ne me semble pas très sérieux. Il est utile d’avoir lu son livre; dans l’introduction, voici ce qu’il écrit :
“Tiré de la racine arabe j-h-d qui évoque la notion d’effort et que l’on retrouve 41 fois dans le Coran, le terme jihâd est le substantif de la troisième forme verbale jâhada qui signifie “lutter contre, combattre”. dans le Coran, le terme jihâd est souvent accompagné des mots fî sabîl Allâh (”dans le sentier d’Allah”) et l’expression dans son ensemble est généralement comprise dans le sens de lutte armée pour la cause d’Allah.(…)”
A propos de la distinction entre “petit jihâd” (guerre) et “grand jihâd” (effort sur soi-même), 2 choses à savoir : 1° le hadith qui établit une distinction entre ces 2 formes de jihâd (guerrier et spirituel) ne figure dans aucun des 6 recueils canoniques - 2° cette distinction est postérieure à la période prophétique et n’apparaît qu’au 9è siècle. Le jihâd des origines, mené par Mahomet et ses compagnons, avait un sens exclusivement guerrier; or, c’est bien lui le “beau modèle” à imiter pour tout musulman.
Même si le sens étymologique du mot jihâd est celui d’effort, il n’en reste pas moins vrai que le sens spécifique qu’il a pris dans l’histoire est lié aux prescriptions guerrières du Coran. A moins que l’on ne réponde, bien entendu, que le Coran ne comprend pas d’injonctions guerrières et que l’islam est “une-religion-de-paix-et-de-tolérance”. Pour qui connaît un peu les textes, ce qu’explique M. Bourlard n’a rien de choquant.
Anonyme : “Ses propos arrangent bien les choses ça évite de se poser les vrais problèmes” : ah bon, et quels sont ces “vrais problèmes” ?
Gédéon
Je pense que les vrais problèmes sont géopolitiques avant tout.
L’islam et l’arabité sont surtout des ” voiles ” qui cachent la réalité, qui l’interprêtent aussi. C’est le rôle et la définition de l’idéologie.
Ne faisons pas de combats de chimères!
Et puis…J’entends ces français qui sont plus instruits en islam que 95% des arabes, c’est quand même quelque chose!
ça devrait faire réfléchir? Mais non, je crois qu’on aime bien se faire peur et faire de grandes tirades romantiques!
bonjour,
D’accord avec Gédéon, les propos de M. Bourlard n’ont rien de choquant. Ce que je conteste c’est l’importance qu’il donne à ses analyses. Je ne crois décidément pas que les religions mènent le monde et islam guerrier ou pas ce n’est pas l’islam qui motive les musulmans! De même que le communisme a permis aux russes de réaliser leurs rêves d’hégémonie, de même l’étendard musulman cache des ambitions très banales qu’il serait intéressant de débusquer.
L’exposé de Gédéon est un modèle du genre. Il règle à l’évidence la question.
M. Bourlard ne me dérange pas par sa science. Mais je ne crois pas, je ne crois plus que les religions forment le moteur de l’histoire. Par conséquent je suis bien obligé de trouver ailleurs l’origine des problèmes!
Herodote, vous ne croyez pas que “les religions” mènent le monde; Anonyme, vous ne croyez pas que “les religions” forment le moteur de l’histoire…
D’abord, personne ne vous oblige à “croire” à quoi que ce soit : Monsieur Bourlard s’exprime en qualité d’islamologue, d’universitaire ayant étudié ce dont il parle. Il ne s’agit pas de “croire” ou non au jihâd. C’est un concept central de la doctrine musulmane (qui, quoiqu’en dise Herodote, “motive” ou influence de nombreux musulmans), un concept qu’il est crucial de comprendre à l’heure actuelle.
Ensuite, je ne comprend pas pourquoi vous écrivez tous les deux “les religions”. Le thème de l’émission était “le jihâd”. Je ne vois pas en quoi ça concerne “les religions”. C’est un terme qui vient de l’islam, me semble-t-il. Aller voir du côté des textes fondateurs de l’islam est une démarche que très peu font; M. Bourlard l’a fait, et il est venu en discuter ici. Tout ce qu’il affirme peut être vérifié : il suffit d’aller voir soi-même ce que disent ces textes fondateurs (de l’islam, et non pas des “religions”).
Anonyme, cela semble vous indisposer que des “français” (avez-vous pensé des “infidèles?” des “koufars”?) puissent parler de l’islam : “ces français qui sont plus instruits en islam que 95% des arabes, c’est quand même quelque chose!” Parce qu’il n’est pas “arabe”, M. Bourlard n’aurait pas le droit de s’exprimer sur le jihâd ? Son livre est publié dans la collection Studia Arabica, et préfacé par une éminente spécialiste, Mme Marie-Thérèse Urvoy. J’ai trouvé son exposé (et son livre) plutôt clair et convainquant, en ce qui me concerne.
Une dernière chose sur “les problèmes géopolitiques” : il y a une part de vrai dans ce que vous dites, dans la mesure où l’islam n’est pas seulement une religion mais aussi (et ce, depuis les origines) un système politique. Pas de séparation entre le temporel et le spirituel en islam. Sur cette question, vous pouvez écouter sur ce site les explications très éclairantes de René Marchand.
Cordialement.
J’ai écrit la dernière fois que la question me semblait réglée!
La philologie du mot jihad, vous avez très bien résumé l’histoire du mot bien établie par M. Bourlard.
Si vous voulez qu’on en reste à cette notion, il n’y a plus rien à dire!
Et encore une fois, je n’ai rien à reprocher aux gens qui étudient quoi que ce soit, bien au contraire!
L’activité intellectuelle me parait être la plus haute forme de l’activité.
Je n’écouterais pas RC ou R101?