Jean-Paul II et la réconciliation entre catholiques et orthodoxes dans les pays de l’est
Catherine reçoit Denis Lensel, journaliste et écrivain, spécialiste de l’Europe de l’Est et de l’ex-URSS. Il a accompagné Jean-Paul II dans de nombreux déplacements. Il évoque l’héritage que Jean-Paul II laisse à la nouvelle génération en faveur de la réconciliation entre le monde catholique et le monde orthodoxe… Un témoignage sur le pardon.
→ “Nous lui devons la liberté – une main tendue de Jean-Paul II à l’Est” (Ed. Salvator)
Dimanche 9 novembre 2008 • classé dans Lensel, Denis, "Formation des Jeunes" par Catherine •



















Ce monsieur Lansel a une vision édulcorée, mal renseignée et superficielle des choses. Parler d’une “nationale orthodoxie” nourrie de Pierre le Grand et de Staline est proprement inadmissible et scandaleuse, et ferait acroire l’idée que l’Eglise orthodoxe ne sait pas où Elle va et qu’elle se trouve divisée par une aile extrémiste aux relents national-socialiste. Une telle assertion montre l’ignorance sans bornes de ce journaliste, alors que chaque orthodoxe sait bien que ces deux personnages de l’Histoire tragique de la Russie ont persécutés l’Eglise et le second qui a continué les massacres planifiés de Lénine a une échelle plus grande encore.
En tant qu’orthodoxe et russe, je ne puis ne pas réagir à une cascades de telles inepties.
Je reste bien évidemment pour toutes vos autres émissions un admirateur inconditionnel.
Bien sincèrement,
Kyrill Petrovitch Semenov-Tian-Shanskij.
En tant qu’orthodoxe français je partage le point de vue de Kirill Petrovitch quant à la situation de l’orthodoxie vis à vis des Etats, et des Etats modernistes en particulier, et j’ai cherché à développer le point d’Histoire sur Lumière 101
http://lumiere101.com/2008/10/05/081005jgm/
Je serais moins sévère cependant quant au point de vue erroné des catholiques de bonne volonté qui ne connaissent pas le “phénomène” du point de vue “phénoménologique” – en clair qui le connaissent mal et le regardent avec les yeux de leur propre histoire.
Il faut avoir du recul par rapport à sa propre histoire. L’Eglise orthodoxe russe, comme toute réalité humaine, a ses grandeurs et ses faiblesses.
Après la Révolution de 1917, la première génération du clergé orthodoxe de l’époque a été terriblement persécutée, c’est un fait. Mais cette Eglise orthodoxe russes avait déjà été assez largement asservi par le tsar a
Il faut avoir du recul par rapport à sa propre histoire. L’Eglise orthodoxe russe, comme toute réalité humaine, a ses grandeurs et ses faiblesses.
Après la Révolution de 1917, la première génération du clergé orthodoxe de l’époque a été terriblement persécutée, c’est un fait. Mais cette Eglise orthodoxe russes avait déjà été assez largement asservi par le tsar autocrate Pierre le Grand qui avait supprimé l’institution du Patriarcat, en la décapitant ainsi.
Ensuite, à partir de l’époque de Staline,cette malheureuse Eglise orthodoxe a été à nouveau asservie (à son corps défendant, évidemment) et noyautée par l’appareil de la police secrète du GPU-NKVD-KGB . Cependant, elle a aussi compté des martyrs, des “confesseurs de la foi” et des saints. Mais ce ne sont pas eux qui dirigent majoritairement les instances actuelles du Patriarcat de Moscou, qui sont actuellement déchirées par des influences contraires. Le drame global de l’orthodoxie russe est qu’elle reste beaucoup trop sous la coupe du pouvoir politique, et de quel pouvoir, hélas !
Les chrétiens, quels qu’ils soient, ne doivent pas se résigner à un tel assujettissement: certes, il faut rendre à César ce qui est à césar, mais ne JAMAIS oublier les droits de Dieu, et la liberté intérieure dont Jésus-Christ a donné l’exemple.
Certes, du côté occidental, catholiques et protestants ont eux aussi leurs défauts. Et du côté du monde orthodoxe, on observe actuellement un renouveau spirituel intéressant, mais celui-ci se trouve autant chez les laïcs qu’au sein du clergé. La situation s’améliore lentement, mais le poids d’un passé tragique reste très lourd.
Et les faits restent les faits: il serait aberrant et dangereux de les nier. Ce serait rendre un bien mauvais service à cette malheureuse Eglise orthodoxe qui a aussi un passé glorieux, un passé qu’elle redécouvre peu à peu, dans un contexte difficile de matérialisme pratique venu notamment… d’Occident dans la Russie postsoviétique.